Le bal des célibataires

J’ai, comme tout le monde, un certain nombre d’amis célibataires et sans enfant. Ceux-ci se divisent en deux catégories:

La première, heureusement majoritaire, est celle qui vous permet de garder les pieds sur terre. Elle est constituée de personnes qui assument plus ou moins bien leur statut, non pas tant parce qu’il s’agit d’un choix délibéré (cliché) mais bien parce qu’elles savent que l’herbe n’est pas forcément plus verte chez leur voisin casé et surtout parce qu’elles ont décidé de tirer profit de cette forme de liberté en montant des projets, en savourant leur grasse matinée d’une délectable solitude, en avançant dans la vie en ne comptant que sur ce qui comptera toujours: elles-même. Ces personnes vous rappellent aussi d’où vous venez et vous permettent de ne pas oublier que votre vie d’avant n’avait rien de meilleur mais surtout rien de pire que celle que vous vivez aujourd’hui. Ces deux phases sont simplement différentes, jonchées de défis, de joies et de peines distinctes. A noter que c’est aussi cette catégorie qui vous emmène faire la fête lorsque vous devez décompresser.

La deuxième, heureusement minoritaire, est celle dont les frustrations finissent par suinter sous toutes les coutures de votre amitié, celle pour qui la liberté est synonyme de prison et qui va, parfois, jusqu’à vous considérer comme le geôlier.

Oh bien sûr, la solitude est un sentiment pesant, bien sûr que lors d’une épreuve, une épaule solide vous permet de vous soutenir. Bien sûr que vivre à deux est la garantie de pouvoir partager ses émotions, ses craintes, ses doutes. Combien de ces personnes ai-je entendu me dire « mais toi tu as de la chance, c’est facile quand on est deux ».

Chance?! Facile?! Mais ces deux vocables n’ont strictement rien à voir là-dedans! Vivre à deux est aussi source de craintes, de doutes, d’émotions parfois contradictoires. Vivre à deux n’empêche en rien la solitude, et cela même lorsqu’on nage dans le bonheur. Une vie de couple (attention cliché!), c’est un combat quotidien, des remises en question de soi-même, parfois de manière assez violente (surtout si nos longues années de célibat ont endormi notre capacité à nous introspecter). Quant à la chance… Ce serait nier qu’on reste, quoiqu’il arrive, maître de sa vie, pour en saisir les belles opportunités comme pour en gâcher les plus beaux cadeaux.

Alors oui, cette deuxième catégorie vit assez mal votre bonheur. Elle peut pourrir votre Facebook avec des vidéos stupides, des statuts pathétiques mais vous la soûler avec vos photos de vacances et vos changements d’état civil. Elle peut vous couper l’envie d’aller le boire ce verre dont vous avez tant besoin parce qu’en effet, vous n’avez en revanche aucun besoin d’être jugée parce que « tout va trop bien ». Elle ne viendra pas à votre mariage puisqu’elle ne sera pas accompagnée et enfin, elle ne viendra pas voir votre bébé parce qu’elle n’est pas concernée. Elle déplore la stigmatisation des célibataires mais en fin de compte, c’est elle qui vous colle une étiquette: vous êtes niais parce que vous êtes heureux.

Ce à quoi vous avez très envie de répondre: vous êtes laid parce que vous êtes envieux.

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